« Profitez-en tant qu’il est encore petit… »

Ce soir, après la crèche, nous nous sommes baladés avec Minilove jusqu’au « magasin des frigos ». Puis comme à son habitude, il a voulu que nous prenions le bus jusqu’à la maison, soit un arrêt.

Une dame était assise avec tout ce qu’elle rapportait du pressing, elle attendait le bus aussi. Douze minutes était affichées avant que le bus n’arrive. J’expliquais à Minilove que c’était long d’attendre le bus douze minutes pour un trajet aussi court. Qu’importe, il avait son idée en tête, nous nous sommes assis et la dame m’a sourit.

 « Profitez-en tant qu’il est encore petit » m’a t-elle dit et s’en est suivi un monologue de douze minutes.

Pendant douze minutes elle m’a raconté à quel point elle était proche de son fils avant qu’il ne grandisse. Je lui ai demandé à quel moment elle avait sentit qu’il s’éloignait et sans trop de surprise elle m’a répondu que leur douce relation s’était étiolée à l’adolescence. Bien sûr elle avait dû être encore plus proche de sa fille dépressive qui avait par deux fois tenté de quitter la vie, de se donner la mort.

Pendant douze minutes elle m’a raconté sa vie de maman qu’elle ne maîtrisait plus. Pendant douze minutes elle m’a mise face à mes peurs.

En me disant « profitez-en tant qu’il est encore petit » j’avais l’impression qu’elle accélérait le temps et que Minilove allait m’échapper.

J’y ai pensé toute la soirée en me disant que oui, j’en profitais. Je profite, depuis le premier jour de ma grossesse, de notre complicité qui s’est créée alors qu’il grandissait en moi. Je profite chaque jour de ses joues rondes, de nos rigolades, de nos conversations et de toute la tendresse que l’on peut se donner.

 Je profite de chaque minute, de chaque instant partagé même quand les nuits sont courtes et les journées bien longues. Je profite de sa soif d’apprendre et de tout ce que je peux lui inculquer. Je profite de chacun de ses gestes, de chacune de ses objections, de ses pleurs, de ses cris, de ses rires, de cette boule d’émotions.

 « Profitez-en tant qu’il est encore petit » ou cette épée de damoclès qui suggère que cela ne durera pas.

Je profite de ses « mamans » à longueur de journée et de tous les nouveaux mots qu’il sait prononcer. Je profite de ses yeux pétillants, de nos câlins tout chauds, de ses cheveux jamais coupés, de ses petites mains potelées et de ce qui fait qu’il restera toujours mon bébé.

Nous avons pris le bus pour un arrêt, la dame aussi. Puis nous nous sommes saluées. Elle est repartie avec ses affaires de pressing sous le bras, chargée de nostalgie. Je suis repartie, la main de Minilove serrée dans la mienne, déterminée à ne jamais lâcher.

Je vous souhaite une douce soirée…

 

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